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Le prix Goncourt au Franco-Afghan Atiq Rahimi
par RFI Nadwah - Hong Kong - 10/11/2008
Le prix
Goncourt 2008, le plus prestigieux prix
littéraire en France, a été attribué ce
lundi à l'auteur franco-afghan Atiq
Rahimi pour Syngué sabour. Pierre de
Patience. Cet écrivain et cinéaste
d'origine afghane de 46 ans a obtenu le
prix Goncourt au second tour, par 7 voix
contre 3 pour Michel Le Bris et son
livre La beauté du monde. Atiq
Rahimi est l'auteur de quatre romans
depuis le début des années 2000.
Syngué sabour. Pierre de patience
est son premier livre écrit en français.
L'histoire est celle d'une confession
féminine particulière... Dans un Afghanistan pris dans l'une de ses nombreuses guerres, un combattant est dans le coma chez lui, blessé par balles, entre vie et mort. Sa femme, qui le veille, prend un soin maniaque à lui laver les yeux, alimenter une perfusion de fortune. Et c'est cette femme moitié en colère, moitié compatissante qui commence à se confier à ce mari inconscient. Plus elle parle, plus elle se libère de cet homme qui ne l'a pas considérée et, au fur et à mesure qu'elle lui avoue ses sentiments, ses mensonges, ses petites lâchetés, cet homme devient sa Syngué Sabour. Aveux tellement osés
Syngué Sabour, ce sont ces pierres noires magiques qui, dans la légende afghane, ont la capacité de recevoir les peines et les malheurs et qui explosent pour libérer celui ou celle qui s'est confié. Une sorte de psychanalyse traditionnelle. Pour son 4e roman, Atiq Rahimi écrit pour la première fois en français et ce n'est pas un hasard. Il fallait en effet de la distance et du recul à Atiq Rahimi pour mettre dans la bouche de cette femme afghane ce récit du réel, de la réalité de toutes les femmes afghanes qui enfermées sous leur tchadri n'en ont pas moins de rêve, de désirs, de plaisirs aussi... Et ces aveux tellement osés dépassent les limites de ce qu'un homme afghan peut entendre aujourd'hui. Il faudra voir si ce livre peut être publié en Afghanistan. Atiq RahimiEcrivain et cinéaste, Prix Goncourt 2008 « …Cette femme s’aperçoit que c’est la première fois qu’elle peut parler de tout sans être blamée, sans être opprimée par quelqu’un ».
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