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Hommage à Mahmoud Darwich

 

par  RFI

Nadwah - Hong Kong - 13 August 2008

(Source : Théâtre de l'Odéon)

 

Mahmoud Darwich est mort samedi dans un hôpital du Texas où il avait été hospitalisé pour une opération à cœur ouvert. Depuis cette intervention chirurgicale, il était resté dans un état critique. A Amman, l'ambassadeur palestinien a fait savoir que le président Abbas enverrait un avion aux Etats-Unis pour rapatrier la dépouille du poète. D'autre part, les Palestiniens ont demandé à Israël que le défunt puisse être enterré dans sa Galilée natale. L'Autorité palestinienne a décrété un deuil de 3 jours. Portrait d'un auteur engagé traduit en 40 langues.

 

Le poète palestinien Mahmoud Darwich.
(Photo: DR)

Lorsque Mahmoud Darwich voit le jour en 1941 en Galilée, cette région fait encore partie de la Palestine sous mandat britannique. Sept ans plus tard, la naissance de l’Etat hébreu déclenche la première guerre israélo-arabe. Et comme des centaines de milliers de Palestiniens, la famille de Mahmoud Darwich est chassée par les combats.
Après un court exil au Liban, les Darwich reviennent clandestinement en Israël pour y découvrir que leur village a été rasé. Le jeune Mahmoud étudie, commence à écrire, et milite au sein du Parti communiste israélien, le Maki.

 

Puis ce sont les années d’exil, notamment à Moscou, à Paris et au Caire. Des années qui voient s’affirmer l’un des plus grands poètes arabes, dont l’œuvre est intimement liée au destin de son peuple. Mahmoud Darwich écrit l’occupation, l’attachement à la terre, le conflit, mais aussi l’amour et le désir. En 1964, l'un de ses poèmes Je suis arabe, tiré de son recueil Rameaux d'olivier, dépasse cependant la seule cause palestinienne pour devenir un hymne chanté dans tout le monde arabe. 

Le poète est membre de l’Organisation de libération de la Palestine, dont il intègre le comité exécutif en 1987. Il claquera la porte de l’OLP en 1993 pour protester contre le Processus d’Oslo. Mais il choisira tout de même de s’installer en Cisjordanie, dans la foulée des accords de paix.De passage en France il y a quelques semaines pour une lecture de ses textes, Mahmoud Darwich déclarait : « Je veux être lu comme un poète, pas comme une cause ».


 

Hommage contrasté en Israël


« C’est un symbole palestinien qui disparaît », reconnaît le quotidien Maariv. En Israël, on rappelle que Mahmoud Darwich s’est opposé jusqu’au bout aux accords d’Oslo et, qu’après leur signature, il a donné sa démission du Conseil national palestinien.

« Poète, ami et adversaire », c’est ainsi que l’écrivain israélien Avraham B. Yehoshua définit Darwich. « J’ai toujours regretté, affirme-t-il, qu’il ait décidé de quitter de son propre gré Israël. Mahmoud Darwich, affirme encore Yehoshua, était un partenaire difficile et critique, mais digne de ce nom ».

Un chroniqueur accuse le poète palestinien d’avoir tout simplement « abandonné » son propre peuple. Il rappelle une petite phrase de Darwich dans une interview au quotidien Haaretz : « la guerre entre Israël et les Palestiniens n’est pas seulement militaire, mais aussi culturelle, et peut-être surtout, littéraire ».

Et en Israël, on se souvient d’un autre incident : en 2000, la décision du ministre de l’Education, Yossi Sarid, du parti « colombe » Meretz, d’inclure ses poèmes dans les programmes scolaires avait provoqué une crise politique. Le Premier ministre avait estimé que les Israéliens n’étaient pas encore mûrs pour une telle décision. Il s’agissait d’Ehud Barak.

Michel Paul - Jérusalem - RFI

 


 

« A ma mère » (1966)

J’ai la nostalgie du pain de ma mère,
Du café de ma mère,
Des caresses de ma mère...
Et l'enfance grandit en moi,
Jour après jour,
Et je chéris ma vie, car
Si je mourais,
J'aurais honte des larmes de ma mère !

Fais de moi, si je rentre un jour,
Une ombrelle pour tes paupières.
Recouvre mes os de cette herbe
Baptisée sous tes talons innocents.
Attache-moi
Avec une mèche de tes cheveux,
Un fil qui pend à l'ourlet de ta robe...
Et je serai, peut-être, un dieu,

Peut-être un dieu,
Si j'effleurais ton coeur !
Si je rentre, enfouis-moi,
Bûche, dans ton âtre.
Et suspends-moi,
Corde à linge, sur le toit de ta maison.
Je ne tiens pas debout
Sans ta prière du jour.
J'ai vieilli. Ramène les étoiles de l'enfance
Et je partagerai avec les petits des oiseaux,
Le chemin du retour...
Au nid de ton attente !


Quelques ouvrages:

Ne t'excuse pas, Sindbad/Actes Sud ; Etat de siège, Sindbad/Actes Sud ; Murale, Actes Sud ; La Palestine comme métaphore, Sindbad/Actes Sud ; Palestine, mon pays : l'affaire du poème, Edition de Minuit ; Une mémoire pour l'oubli, Actes Sud ; Chronique de la tristesse ordinaire, suivi de Poèmes palestiniens, Cerf ; Plus rares sont les roses, Minuit.

 

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